Quand l’Afrique élève la voix
Il y a des moments où l’on ne crée pas un contenu.
On pose un acte.
Cette couverture en est un.
J’ai rencontré Angélique Kidjo avec cette sensation rare…celle d’être face à une femme qui ne joue aucun rôle.
Elle a des yeux rares qui pétillent comme une enfant déterminée et intrépide qui fusionnerait avec une insaisissable amazone à la fois délicate et authentique…un charisme rare.
Une femme qui est.
Entièrement.
Sans compromis.
Et dans ce monde saturé d’images, cela devient presque radical.
Nous parlons souvent de voix.
Mais nous oublions ce qu’elle engage.
Une voix, lorsqu’elle est juste, ne cherche pas à plaire.
Elle aligne.
Elle révèle.
Elle dérange parfois.
Elle élève toujours.
Angélique ne porte pas seulement une carrière.
Elle porte une conscience.
Conscience d’être femme.
Conscience d’être une femme noire.
Conscience de ce que cela implique, de ce que cela exige.
Et surtout, conscience de ce qu’il ne faut jamais abandonner « soi »…son miroir…sa propre identité, construire à travers toutes ses années.
C’est cette conscience que nous avons voulu capter sur ses trois couvertures.
Après tout, la femme africaine a tant de facettes à célébrer.
Pas dans un discours.
Pas dans une posture.
Mais dans une présence.
Trois gestes.
Trois états :
Elle est.
Elle élève.
Elle transforme.
Ce projet marque aussi une étape.
Une nouvelle manière de raconter.
Plus libre.
Plus incarnée.
Plus responsable.
Nous ne voulons plus seulement montrer.
Nous voulons éveiller.
Créer des images qui laissent une trace.
Des récits qui ouvrent.
Des voix qui accompagnent.
Quand l’Afrique élève la voix,
elle ne demande plus à être entendue.
Elle rappelle.
Elle rappelle qui elle est.
Elle rappelle ce qu’elle sait.
Elle rappelle ce qu’elle porte depuis toujours.
Et si nous écoutons vraiment,
alors quelque chose change.
Pas seulement autour de nous.
En nous.
Frédérique Nanan
CEO & Publisher
ELLE Afrique francophone

