Invité du podcast Aura d’Audrey Crespo-Mara le 16 avril 2026, Louis Garrel a quitté le terrain de la promotion pour aborder un sujet beaucoup plus personnel. L’acteur a évoqué le racisme auquel sa fille Oumy est confrontée, et livré un témoignage poignant sur les confessions de sa fille…
À 17 ans, Oumy Bruni-Garrel, née au Sénégal et adoptée par Louis Garrel et Valeria Bruni-Tedeschi, construit son parcours entre plusieurs pays. Mais cette trajectoire n’efface pas les discriminations. Face à la journaliste, le comédien raconte leurs échanges, souvent marqués par une incompréhension. Lorsqu’il tente d’en parler, sa fille lui répond qu’il ne peut pas ressentir ce qu’elle vit. Elle insiste sur le fait que ces expériences font partie de son quotidien, au point d’occuper ses pensées en permanence.
Louis Garrel décrit une succession de gestes, de regards et de réactions qui, mis bout à bout, créent un climat pesant. Il évoque notamment ce que sa fille vit en Italie, où elle réside actuellement. Lorsqu’elle s’exprime en italien, certains lui répondent en anglais, comme si sa place restait contestée. Des scènes qui, à force de répétition, prennent une dimension plus large et nourrissent un sentiment d’exclusion.
Peut-on comprendre le racisme sans le vivre ?
Jusqu’où peut-on saisir le racisme lorsqu’on n’y est pas directement confronté ? En tant que père, Louis Garrel se retrouve face à une limite. Il écoute, il observe, il relaie la parole de sa fille, mais il reconnaît aussi l’écart entre leurs expériences. Cette position, beaucoup de parents la connaissent. Lorsque les expériences sont si différentes, un décalage s’installe malgré l’attention et la volonté de bien faire. Le parent devient un témoin et un relais, sans pouvoir accéder à ce que vit son enfant.

Oumy Bruni-Garrel, déjà présente au cinéma avec des films comme Neneh Superstar, appartient à une nouvelle génération qui met davantage des mots sur ce type d’expériences sans les atténuer. Son histoire souligne l’écart qui persiste entre les perceptions des uns, et ce que vivent les personnes concernées. Et il rappelle surtout que la compréhension passe d’abord par l’écoute de celles et ceux qui traversent ces situations au quotidien.
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