Cultiver sa force. Rayonner le monde.
Un jardin. Une ressource. Un langage. Une forme de liberté.
Il y a, en chaque femme, un territoire que personne ne voit. Un jardin intérieur où poussent nos racines, nos humeurs, nos forces lentement cultivées chaque jour. Je le vois comme une ressource, un endroit où puiser, car avant d’être une apparence, l’élégance est une oraison. Elle est ce qui monte du dedans lorsqu’une femme a pris le temps de se cultiver, de se soigner, de s’aimer.
Et le vêtement, lui, possède ce pouvoir rare, celui de dialoguer avec l’autre sans même ouvrir la bouche. Nous avons tous déjà vécu ce moment où nous observions notre mère, une tante, une amie ou cette femme que l’on voit endimanchée 24h/24, celle qui nous remplit de stupéfaction et d’inspiration. Et bien, elle nous ramène à nous. Nous choisissons nos tenues selon nos humeurs, ce que nous ressentons, notre portefeuille qui dessine assurément ce choix. Paradoxalement, le vêtement n’est pas un luxe réservé, mais le choix de ce dernier est un moyen et un pouvoir qu’il faut conscientiser. Quelle chance, aujourd’hui, de pouvoir customiser, faire du sur-mesure, bricoler, hériter des robes d’une grande sœur, d’une mère, d’une amie, d’une inconnue. De plus, le style, bien au-delà de la mode, vient servir cette communication silencieuse qui célèbre notre jardin intérieur, lorsque ce que l’on porte s’aligne enfin avec ce que l’on est.
C’est tout le sens de ce spécial mode. Ne plus séparer le style et le bien-être, l’allure et la paix intérieure. Car la plus belle des silhouettes reste celle d’une femme enracinée, qui sait d’où elle vient et où elle va. Ici, le végétal est l’image même de ce que nous faisons grandir en nous avant de l’offrir au monde.
Un numéro ne suffira jamais à citer tous les créateurs d’exception que compte notre continent et sa diaspora. Mais je peux certifier une chose : l’Afrique est un continent d’inspiration et de soft power tranquille. En avoir conscience, et l’habiter avec grâce, voilà peut-être notre plus belle élégance.
Au centre de ce jardin, une jeune femme : Janina. Un visage neuf, presque dans ses premiers pas, que cette couverture accompagne, comme une promesse, car nous sommes une vitrine pour les visages connus, mais une terre où l’on sème et où l’on révèle. En dialogue avec Chanel, deux écritures fortes se rencontrent sans jamais se concurrencer : la ligne, la matière et la lumière rencontrent le vivant, et une évidence se dessine, sophistiquée, libre, consciente de ce qu’elle porte. C’est là que la mode cesse d’être pensée comme futile.
Alors à vous qui nous lisez, je veux dire ceci. Cultivez votre jardin intérieur, soignez vos racines autant que vos rêves. Faites de votre force une discipline et de votre paix une élégance.
Merci à toutes les équipes qui ont fait naître ce numéro, à Julie, à Patrick, à Henry et son regard subtil, Haydee, et à chacune des mains et des voix, visibles et discrètes, qui ont fait dialoguer la femme, le vêtement et le vivant. Merci à Chanel et merci à Janina.
Bienvenue dans le Jardin Intérieur.
Avec amour et détermination,
Frédérique Nanan
CEO & Publisher, ELLE Afrique francophone