Invitée au défilé Chanel printemps-été 2026 sous la nef du Grand Palais, Surya Bonaly a créé la surprise avec une silhouette élégante et inattendue. L’ancienne championne de patinage artistique, loin de ses célèbres costumes de scène, s’est confiée à Frédérique Nanan sur ce premier défilé, son regard sur la mode et la place des femmes dans des univers encore très masculins.
Pour une première, le moment était forcément particulier. Surya Bonaly, figure emblématique du sport, découvrait l’univers des défilés de mode en direct, loin des écrans. Une expérience marquée autant par l’émotion que par l’observation de ce qui change ou non dans l’industrie.
Qu’avez-vous ressenti en découvrant ce défilé ?
C’était mon premier défilé, donc forcément, il y avait beaucoup d’émotion. J’ai toujours regardé ça à la télévision, mais le vivre en direct, c’est complètement différent. J’étais vraiment honorée d’être là. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la diversité des mannequins. On voit des profils très différents, des couleurs de peau variées, des styles, des cheveux… C’est quelque chose qu’on ne voyait pas autant avant. On a longtemps été habitués à un certain type de mannequin, plus uniforme.Là, c’était plus ouvert, plus représentatif, et c’est important. On a besoin de voir ça plus souvent.


Surya BONALY, French figure skater, wore a CHANEL black cashmere pullover and a CHANEL black, beige and white tweed skirt. CHANEL accessories, bag and shoes. CHANEL Makeup.
Voyez-vous un lien entre la créativité dans le sport et celle dans la mode
Oui, forcément. Dans le patinage artistique, il y a toujours eu une vraie attention portée aux costumes. On travaille avec des designers, on cherche à proposer quelque chose de beau, de différent, tout en restant fidèle à son style. La mode, c’est une autre scène, mais il y a des similitudes. C’est une autre manière d’exprimer une idée, sans la glace cette fois, mais avec le même souci du détail. Et puis Paris reste une référence. Voir que la mode évolue, que des profils plus diversifiés y trouvent leur place, c’est quelque chose de très positif. Pour les nouvelles générations, ça compte énormément.

Comment rester soi-même dans un univers encore très masculin ?
Je pense que tout commence par l’intégrité. Il faut rester fidèle à qui l’on est, ne pas chercher à copier, garder sa personnalité. Ensuite, il y a un équilibre à trouver. Être soi-même, rester femme, tout en affirmant sa place. Montrer que c’est possible d’avoir du succès, d’aller loin, sans renoncer à son identité. C’est aussi une question de représentation. Il faut montrer que les femmes ont leur place, qu’elles sont capables de faire de grandes choses, dans tous les domaines. Plus on le montre, plus ça devient une évidence.
Pour Surya Bonaly, cette expérience dans l’univers de la mode confirme surtout que a question de la représentation reste essentielle. À travers son regard, elle rappelle que la diversité doit se positionner naturellement, aussi bien sur les podiums que dans le sport.
À lire aussi : Chanel Fall/Winter 2026 : au Grand Palais, Matthieu Blazy réinvente la liberté de la femme Chanel