1-54 Londres 2026 : 15 galeries à ne pas manquer à Somerset House sur l’art contemporain africain

Du 15 au 18 octobre, Somerset House redevient, pendant quatre jours, le centre de gravité de l’art contemporain et moderne africain. Un rendez-vous à ne pas manquer pendant la Frieze Week.


1-54, la foire fondée par Touria El Glaoui en 2013 et qui doit son nom aux 54 pays du continent, fête sa 14e édition londonienne avec, cette année, un coup de projecteur inédit sur le modernisme africain à travers l’exposition West Wind, curatée par l’historienne de l’art Dr. Nancy Dantas. Une trentaine de galeries, spécialisées ou généralistes, venues de Lagos à Beyrouth, en passant par Rome et New York, illustrent une même idée : qu’il n’existe pas de scène africaine unique, mais une multiplicité de scènes, de matériaux et de récits qui se répondent sans jamais se ressembler.

Voici 15 galeries à repérer dans les allées.

Le fil francophone

FILAFRIQUES (Genève / Abidjan)
Basée en partie à Abidjan, la galerie présente le peintre nigérian Joseph Eze aux côtés de l’artiste textile congolo-roumaine Maliza Kiasuwa, dont le travail tissé interroge les circulations entre l’Europe de l’Est et l’Afrique centrale. Un pont direct, à la fois artistique et géographique, avec la Côte d’Ivoire.

Loft Art Gallery (Casablanca / Marrakech)
Référence de la scène de Casablanca depuis plus d’une décennie, la galerie marocaine met en avant James Mishio et la peintre Amina Rezki, deux voix qui confirment la vitalité du Maroc sur la scène internationale.

In Situ – Fabienne Leclerc (Romainville, France)
Stand solo consacré au peintre émergent Beau Disundi Nzazi, dont le travail figuratif puise dans ses racines congolaises pour interroger la mémoire et le déplacement: l’une des galeries françaises les plus respectées du circuit parisien.

Les voix féminines

Galleria Anna Marra (Rome)
Seule galerie italienne de la sélection, elle présente un accrochage entièrement féminin avec Khadija Jayi, la sud-africaine Turiya Magadlela (connue pour ses sculptures textiles réalisées à partir de collants, qui interrogent la mémoire de l’apartheid et les représentations du corps féminin) et Dana Zvulun.

ArtTalks | Kanafani Gallery (Le Caire)
Ici un stand entièrement consacré à des figures modernistes égyptiennes, souvent actives dès les années 1950 et 1960 : Tahia Halim, Inji Efflatoun, Zeinab Al-Saginy, Rabab Nemr, Gazbia Sirry. Une reconnaissance locale qui n’a jamais vraiment franchi les frontières mais qui, le temps d’une édition, peut être provoquée.

Gillian Jason Gallery (Londres)
Groupe de trois artistes, Ofunne Azinge, Cinthia Sifa Mulunga et Holly Rollins, chez l’une des galeries historiques londoniennes, aujourd’hui repositionnée sur la défense des artistes femmes au fil des générations.

Les incontournables des scènes africaines

Gallery 1957 (Londres / Accra)
Sans doute la galerie la plus influente aujourd’hui sur l’art contemporain ouest-africain, fondée à Accra par le collectionneur Marwan Zakhem avant l’ouverture d’un espace londonien. Présentation collective de cinq artistes autour du multidisciplinaire Godfried Donkor, ghanéen- britannique, connu pour ses collages mêlant l’imagerie victorienne et l’histoire de la boxe, avec Rita Mawuena Benissan, Wonderbuhle, Freya Tewelde et Larry Amponsah. La galerie a régulièrement accompagné ses artistes jusque dans des institutions muséales majeures, un signe fort et presque unique dans son segment, de la crédibilité qu’elle a su construire en une quinzaine d’années à peine.

October Gallery (Londres)
Fondée en 1979, la plus ancienne galerie de la sélection s’est forgé sa réputation en défendant très tôt des artistes aujourd’hui incontournables, comme El Anatsui. Groupe fort cette année avec le sculpteur béninois Romuald Hazoumè (connu pour ses masques façonnés à partir de bidons d’essence recyclés, une réflexion sur la consommation et les circulations migratoires), le peintre congolais Eddy Kamuanga Ilunga, ainsi que Zana Masombuka, LR Vandy, Alexis Peskine et le débutant marocain Yacout Hamdouch.

Guns & Rain (Johannesburg)
Fondée par Julie Taylor, la galerie sud-africaine s’est bâtie une solide réputation dans l’accompagnement de longue haleine d’une génération d’artistes émergents de la région, plusieurs d’entre eux ayant depuis connu un succès à l’international.

Eclectica Contemporary (Cape Town)
Revient avec Justin Dingwall, dont les photographies mettent en scène des corps atteints d’albinisme pour interroger les canons de beauté, aux côtés d’Ebenezer Samuel Akinola et de Nedia Were.

AFIKARIS (Paris)
Galerie parisienne très ancrée dans les diasporas depuis sa création, avec une présentation collective réunissant Nasreddine Bennacer, Eva Obodo, Ozioma Onuzulike, Géraldine Tobé et Hervé Yamguen. Six pratiques et six pays, de la sculpture textile à la céramique, portés par une même volonté de décloisonner les récits plutôt que de les enfermer dans une identité géographique unique.

Les généralistes à suivre sur le long terme

albertz benda (New York / Los Angeles)
Stand solo consacré à la peintre brésilienne Larissa de Souza, un choix qui illustre bien comment les galeries généralistes majeures relient désormais les scènes du Sud global entre elles, bien au- delà des frontières strictement africaines.

Kristin Hjellegjerde Gallery (Londres / Berlin / West Palm Beach)
Présente la sud-africaine Kimathi Mafafo, dont les broderies textiles mêlent tradition et récits contemporains de féminité. L’une des artistes émergentes les plus suivies du moment.

Fabienne Levy (Lausanne / Genève / Zurich)
Stand solo consacré à la peintre nigériane Ekene Emeka-Maduka, connue pour ses autoportraits en clair-obscur où le motif du miroir revient sans cesse interroger la question de l’identité.

193 Gallery (Paris / Saint-Tropez / Venise)
Une sélection forte en photographie et en couleur, menée par Hassan Hajjaj, souvent surnommé « l’Andy Warhol de Marrakech » pour ses portraits vibrants mêlant pop culture et esthétique nord- africaine, aux côtés de Thandiwe Muriu et April Bey.

La matière comme mémoire, et comme fil rouge pour cette édition 2026. Les bidons d’essence recyclés de Romuald Hazoumè, les collants tissés de Turiya Magadlela ou encore les fibres de Maliza Kiasuwa. Une image est claire: chacun transforme un objet du quotidien en support de récit, quelque part entre histoire économique, politique et, bien évidemment, intime. Une manière parmi d’autres de comprendre pourquoi cette édition attire aussi bien les maisons généralistes que les collectionneurs les plus spécialisés.

1-54 Londres 2026, Somerset House. Prévisualisation VIP et presse : jeudi 15 octobre, 11h–19h. Ouverture au public : du 16 au 18 octobre.

Article rédigé par Tolga Avan

À lire aussi : Art contemporain africain : les grands rendez-vous de cette fin d’année

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