Moins de logos, des vêtements bien coupés, des couleurs neutres… depuis quelque temps, le “quiet luxury” est partout. Popularisé par des séries comme Succession ou relayé sur les réseaux sociaux, ce style a séduit par une image plus sobre du luxe.
Mais lorsqu’on regarde ce qui se passe sur le continent, la question smérite d’être nuancée. Les façons de s’habiller, les attentes et les usages ne sont pas les mêmes. Le vêtement répond à des usages sociaux précis, où l’apparence joue un rôle central.
La sobriété gagne du terrain
De manière générale, le Quiet Luxury s’est emparé des tendances en incarnant la nouvelle référence à adopter. Les couleurs se sont affadies, les tenues se sont simplifiées et les basiques ont recommencé à gagner du terrain. Une chemise blanche bien coupée, un tailleur monochrome, une robe neutre… tous ces éléments font partie du vestiaire des femmes qui aiment suivre la mode. Pareil du côté des créateurs. Les couleurs vives, propres à l’esthétique exotique que nous inspire l’Afrique, se sont dérobées aux tons neutres, considérés comme la base du Quiet Luxury. Pas ou très peu de logos, des couleurs claires et neutres, pas de motifs, peu d’accessoires, des matériaux de qualité, et surtout, un style intemporel. Une esthétique de la discrétion qui veut montrer la richesse par les bases : le savoir-faire artisanal et la qualité des matières. Le but étant de signaler subtilement sa richesse à ceux qui savent la reconnaître.

Les créateurs africains ont bien compris l’idée et pris de l’avance sur cette tendance en proposant des collections entières qui répondent à ces spécificités.
Le Quiet Luxury a-t-il vraiment sa place sur le continent ?
Mais cette orientation ne résume pas l’ensemble des pratiques adoptées. Dans de nombreux contextes, le vêtement reste un moyen de marquer une présence ou une culture. Lors des mariages, des cérémonies ou des événements sociaux, les choix de tissus, de couleurs et de volumes restent centraux. C’est par l’habit que se font les premières présentations. Les motifs, les couleurs, l’ostentation ont toujours été le moyen privilégié de montrer une appartenance sociale.
Des figures comme Bonang Matheba ou Ini Edo montrent cette autre manière de s’habiller, avec des tenues conçues pour capter l’attention. Le luxe n’a donc plus rien de discret, il s’exprime par des choix qui se remarquent, comme un bijou, un sac, ou une matière bien spécifique.


Ce que l’on observe aujourd’hui, ce n’est pas une reprise exacte du “quiet luxury”, mais plutôt une manière de se l’approprier. Un vestiaire plus sobre existe, avec une génération qui navigue entre plusieurs influences et ajuste ses choix selon les moments.
Mais il cohabite avec d’autres façons de s’habiller, toujours très présentes. Le luxe ne passe pas uniquement par la retenue. Il dépend aussi de l’occasion, du contexte social et de la manière dont une tenue est construite.