La renaissance de l’artisanat traditionnel africain: l’ère du néo fashion Amazigh

Les peuples africains Amazigh ont eu une influence incontestable dans les chapitres des civilisations anciennes et modernes. Autant par le commerce, la culture ou encore la religion. Là où les contes et les légendes se heurtent c’est à la rencontre des traditions autochtones et des normes esthétiques héritées d’un passé colonial. L’effacement des dogmes par un lissage historique offrant une seule et unique voix aux vainqueurs. Une voix qui s’est étendue, telle une vérité identitaire universelle, au détriment des peuples  Amazigh.

Un phénomène particulier touche les nouvelles générations de ce XXIème siècle : l’urgence d’une reconnexion sans barrières, ni altérations historiques. La jeunesse interroge enfin les parents et grand-parents afin de mieux se comprendre et s’insérer dans son africanité. On remarque que ce mouvement concerne autant les enfants de la diaspora que ceux du continent, vivant entre trois réalités: la ville,le village et les réseaux sociaux.

À l’exemple des jeunes Touareg, dont la vie nomade est maître mot, ils jonglent aussi entre tradition et modernité, faisant du rapport à la ville une source de questionnement profond sur la portée de la vie nomade et de ses difficultés actuelles. Notamment par l’accès à des moyens de santé et de nourriture équitables, le maintien de la sécurité des familles et la préservation des coutumes, tout en ayant une éducation dite classique.

L’artisanat touareg est une source inestimable pour la survie de ces peuples, comme pour les “inadan” (les forgerons). Régulièrement, des hommes sont désignés avec la responsabilité  de quitter le désert pour vendre et promouvoir cet art ancestral  fourni de bijoux, dagues, épées qui ont inspiré le monde depuis la nuit des temps. Chaque symbole retranscrit sur ces œuvres est un code minutieux transmis d’une génération à l’autre: l’espoir, la protection de Dieu, l’oasis, l’ autorisation de passage, la référence à une étoile, le signe de pouvoir exercé dans le lieu d’où l’on vient…

DESIGNERS NEO AMAZIGH AU FEMININ 

Tout semble résider entre les mains des femmes, qui une fois encore nous prouvent qu’elles sont les gardiennes des savoirs et de tous les possibles. Plusieurs collections  de designers amazighs ont fait surface depuis les années 2010. Un besoin d’expression et de militantisme qui a proliféré dans les besoins les plus profonds de cette société afropéenne, aux cultures métissées.

Parmi celles et ceux qui ont eu le courage de donner le pas, on retrouvera des femmes courageuses ayant su organiser leurs projets dans une dynamique qui dépasse l’économie et l’écosystème du village et qui rayonnent aujourd’hui entre l’Afrique et l’Europe.

Zamany Accessory

Née en 2017 par la créatrice Mariama Douda, cette marque de maroquinerie puise  principalement ses sources des traditions du Niger. Utilisant des matières nobles et ancestrales comme le palmier doum (Congou), la tige de mil (Sourdjindi), le rotin, le cuir, le pagne tissé, la croix d’Agadez, et bien d’autres matériaux qui incarnent toute la richesse culturelle du pays et qui s’inscrivent dans une démarche économique, écologique et sociale.  En 2025 elle sera lauréate du programme d’accompagnement de la Grande Muraille Verte, ce qui appuie la volonté de faire évoluer l’industrie de la mode africaine dans le respect et la longévité pour le bien-être locale. Une pionnière à l’échelle internationale, qui brise les cercles de silence  et les préjugés sur le savoir-africain par son art.

Berberism

Hayet Berberism, hérite de sa maîtrise par une mère artisane et un un oncle bijoutier. Elle matérialise sa passion pour sa culture algérienne/ kabyle travers les pièces  de ses collections depuis 2014. Ses bijoux, accessoires, vêtements ou objets de décoration, sont revêtus d’un univers aux couleurs multiples, aux alignements minimalistes et aux consonances cosmo- futuristes, utilisant majoritairement cuir et métal. La mémoire africaine demeure telle une frise chronologique, une passerelle entre le passé et le futur, un voyage par textures, tonalités et formes dont le relief demeure l’extension d’une spiritualité amazigh presque perdue. 

La renaissance de l’artisanat africain  fait face à des défis qui ne semblent pas effrayer cette jeunesse pleine d’ambitions.  Au-delà de la création elle-même, c’est une quête de réparation des récits, qui signe cette nouvelle ère.

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Kaïgé-Jean Bale Simoës de Fonseca

Correspondante officielle ELLE Afrique francophone. Femme de culture et de médias. Engagée pour le développement social, artistique et éducatif. Membre UNESCO ICAEP NGO, TDAIO et Porte Parole de la JMCA. CEO LUNABLU|Press&Comm

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