Le pouto est un bonnet traditionnel emblématique du Fouta-Djallon, l’actuelle Moyenne-Guinée. Autrefois porté par certaines figures de la société (chefs, rois, érudits et notables), il s’impose aujourd’hui bien au-delà des cérémonies traditionnelles. Ce bonnet brodé au sommet plissé et aux motifs géométriques, quitte les vestiaires patrimoniaux pour s’inviter dans la mode de tous les jours.
Au Fouta-Djallon, le pouto est une institution. Il fait partie des symboles de la communauté peule. Traditionnellement façonné en coton et richement brodé à la main avec une aiguille, une percale et des fils de différentes couleurs, le pouto se distingue par sa structure rigide et ses quatre pointes caractéristiques marquant son sommet. Chaque motif brodé n’est pas un simple embellissement esthétique mais un langage visuel. Les entrelacs géométriques racontent le rang, la maturité, la spiritualité ou l’appartenance de celui qui le porte.
Si le pouto a traversé les frontières, c’est d’abord grâce au travail passionné d’artisans et de stylistes guinéens, bien décidés à valoriser le patrimoine vestimentaire africain à l’international. Notamment Mamadou Niakaté qui travaille le pouto depuis 2003 et a créé le concept « Pouto Made in Guinea », en modernisant ses motifs tout en conservant les codes traditionnels. Ses créations se sont diffusées auprès de la diaspora et dans plusieurs pays.
C’est aussi le cas pour la styliste guinéenne Boubacar Binta Diallo qui s’est notamment intéressée à la place des femmes dans l’histoire du pouto. Elle a elle-même confectionné un modèle pour son usage personnel et envisageait de développer une collection destinée aux femmes. Une démarche qui participe à faire évoluer les représentations autour de cet accessoire traditionnel et à l’inscrire dans une mode plus inclusive.

Une fierté nationale
Que ce soit lors des défilés du FIMOG (Festival International de la Mode Guinéenne) ou sur la scène du SITA (Salon International du Textile Africain), le pouto est fréquemment présenté comme source de fierté pour le peuple guinéen. Cette réinterprétation ne s’arrête pas à sa fabrication. Elle transforme également la manière de le porter. Aujourd’hui, le pouto ne se porte plus uniquement avec le grand boubou. Il trouve aujourd’hui sa place dans des silhouettes plus modernes : un costume sur mesure ajusté, un trench structuré ou une tenue denim contemporaine.
Si le pouto séduit aujourd’hui la mode, c’est parce qu’il possède déjà ce que la mode recherche de plus en plus : une identité forte, un savoir-faire, une histoire et une capacité à évoluer sans perdre son sens.
Article rédigé par Eunice Lebek
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