Best of the Best 2026 : Laetitia Kandolo, « Un artiste doit donner beaucoup de lui »

Comment capter l’attention avant même d’avoir chanté une note ? Pourquoi certains artistes en font-ils trop sur scène ? Et qu’est-ce qu’une tenue réussie lorsqu’on se produit devant un public ? Membre du jury de Best of the Best Révolution 2026, Laetitia Kandolo a suivi les candidats tout au long de la compétition. Pour ELLE Afrique Francophone, elle revient sur leur évolution et sur ces détails qui peuvent changer une performance.

Pendant plusieurs semaines, les candidats de Best of the Best Révolution 2026 ont dû faire leurs preuves face au jury et au public. Les exercices ont changé au fil des primes. Lors du sixième, ils ont mis les sonorités urbaines au service d’une cause. Le septième les a confrontés au gospel et au travail en chœur. Au neuvième, ils ont interprété leurs propres compositions.

D’un exercice à l’autre, Laetitia Kandolo les a regardés évoluer. Membre du jury de cette neuvième édition, elle s’est notamment intéressée à ce qui se passe autour de la voix. La manière d’entrer sur scène, de se tenir, de regarder le public, de bouger ou même de choisir une tenue.

Pour elle, une performance commence parfois avant la première note.

ELLE Afrique Francophone. Lorsque vous regardez un candidat arriver sur scène, qu’est-ce qui compte en premier ?

Ce que je regarde souvent, c’est la manière dont le candidat arrive sur scène. Comment est-ce qu’il se tient ? Comment entre-t-il ? Comment se présente-t-il face au public ? Lorsqu’on voit cet artiste, est-ce qu’on y croit ? Est-ce qu’on entre dans son jeu de scène ou pas ?

La scène est un espace qu’il faut savoir occuper. Selon ce que l’artiste vient communiquer, il parvient ou non à capter notre attention. Et c’est d’ailleurs là où, j’ai envie de dire, tout se joue.

Un artiste doit être très généreux. Il doit donner beaucoup de lui, de sa sensibilité, de sa joie si c’est ce qu’il a envie de transmettre. Dès les premières notes, c’est la posture, la prestance, ce qui se dégage et ce que l’artiste nous donne qui comptent.

Quelle erreur avez-vous le plus souvent remarquée chez les candidats sur scène ?

Peut-être de vouloir trop en faire, de vouloir trop impressionner. Souvent, les gens pensent qu’occuper la scène signifie forcément beaucoup bouger, multiplier les gestes, chercher constamment à impressionner. Alors que non.

Parfois, rester immobile au bon moment peut être tout aussi puissant que de faire une chorégraphie avec vingt danseurs. Le mouvement sur scène devient intéressant seulement lorsqu’il est réellement intentionnel.

C’est là que la subtilité se joue. On peut voir si l’on a un artiste qui est vraiment à l’aise avec son public et qui parvient à communiquer avec lui, ou une personne qui, au contraire, ne maîtrise pas totalement son jeu de scène, manque de confiance et va donc trop en faire. Elle ne va parfois même pas finir ses mouvements et on finit par se perdre dans la prestation.

C’est quelque chose de très courant. C’est un peu comme les artistes qui crient et qui confondent crier et être puissant.

À l’inverse, qu’est-ce qui fait qu’un artiste capte immédiatement l’attention, avant même de chanter ?

Je ne parle pas forcément d’un artiste extraverti. Certains artistes peuvent être très calmes et pourtant avoir une présence et une aura incroyables. Lorsque l’artiste arrive sur scène, on comprend qu’il sait exactement pourquoi il est là.

Les tenues font également partie de la performance. Qu’est-ce qui fait, pour vous, qu’un look fonctionne vraiment sur scène ?

Un look qui fonctionne sur scène n’est pas forcément beau. Je suppose que ce n’est pas forcément le bon terme. C’est plutôt un look qui doit raconter quelque chose venant de l’artiste et qui doit, en plus de ça, servir la performance.

Il y a énormément d’éléments auxquels il faut penser, au-delà du beau. Il faut penser à la silhouette, aux matières, aux lumières. Penser aux lumières, c’est aussi penser à la distance à laquelle se trouve le public, parce que selon cette distance, le choix des matières n’est pas du tout le même.

Est-ce que la performance aura lieu la journée ou la nuit ? Cela change tout. Est-ce que c’est un look dans lequel l’artiste va faire des mouvements ? Si oui, lesquels ? Est-ce qu’il y a une chorégraphie bien spécifique ? Il faut penser à tous ces détails, qui sont purement techniques.

Depuis le début de la compétition, avez-vous vu un candidat particulièrement évoluer dans sa manière d’occuper la scène ?

Si je devais choisir un candidat, ce serait peut-être Ron Malango. J’ai l’impression que, de prime en prime, c’est vraiment un artiste qui a pris en compte chacun des commentaires qu’on lui donnait.

Même lorsqu’il repartait un peu frustré, la fois d’après, il revenait en ayant essayé d’améliorer et de travailler ce qu’on lui avait dit. Cela s’est vraiment ressenti tout au long de la compétition.

Lors de sa dernière performance, j’ai vraiment vu un artiste qui avait trouvé l’équilibre entre les différentes richesses et capacités qu’il possède, pour arriver à quelque chose qui, au final, lui ressemble et qui ne ressemble pas à toutes ces choses extérieures qu’il aime.

C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit après le prime. C’est un artiste extrêmement talentueux, mais qui, au début, réfléchissait encore beaucoup. À la fin, on a eu quelque chose de naturellement lui, du début à la fin.

À l’approche de la finale, quel conseil donneriez-vous aux candidats pour être plus forts sur scène sans en faire trop ?

Je leur dirais d’arrêter d’essayer de nous impressionner et de commencer à nous raconter quelque chose de personnel.

À ce stade de la compétition, on sait que vous savez tous chanter. Maintenant, ce qu’on veut comprendre, c’est qui vous êtes en tant qu’artistes.

Et pour cela, chacun des choix que vous faites doit avoir une intention bien précise. Quand je parle de choix, je parle de la tenue, des mouvements choisis, du regard que vous avez face au public, de la manière d’entrer sur scène, de sortir de scène. Même les silences que vous faites pendant vos performances doivent avoir une intention bien précise.

À lire aussi : Best of the Best 2026 : une saison pour révéler la nouvelle scène congolaise

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La rédaction

ELLE Afrique francophone, seule édition continentale d'ELLE en Afrique, fait entendre les femmes, les artistes et les visions qui écrivent l'Afrique souveraine, créateurs émergents, artistes, lieux et influenceurs locaux, avec l'exigence d'ELLE et la puissance du continent.

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