Chanel met les cornrows à l’honneur sur son défilé Printemps-Été 2027

Pour son défilé Printemps-Été 2027, Chanel a coiffé plusieurs mannequins noires de cornrows réunies en chignon bas. Ces nattes collées, originaires du continent africain, ont ainsi rejoint les différentes déclinaisons du chignon imaginées par le hairstylist Duffy pour le show. Un choix qui accompagne aussi l’arrivée chez Chanel de Rachel Ojuromi, jeune Nigériane repérée par Matthieu Blazy à Lagos.

Lundi 5 octobre, Chanel présentait sa collection Printemps-Été 2027 sous la nef du Grand Palais. Côté cheveux, Duffy a choisi le chignon comme fil conducteur et l’a décliné de 57 façons au cours du défilé. Certaines mannequins avaient les cheveux tirés et noués sur la nuque, tandis que d’autres arboraient des constructions plus travaillées. Sur plusieurs mannequins noires, le coiffeur a opté pour des « traditional African cornrows low bun » : des nattes collées tracées sur le cuir chevelu puis réunies en chignon bas.

Awar Odhiang a ainsi défilé les cheveux entièrement tressés. La mannequin sud-soudanaise, régulièrement aperçue sur les podiums avec ses cheveux afro courts, avait cette fois des cornrows qui partaient du front et se rejoignaient à l’arrière de la tête. Ce changement a d’ailleurs été relevé par Vogue France au lendemain du show.

La beauté africaine sous la nef du Grand Palais

Les cornrows sont pratiquées depuis des siècles dans plusieurs régions d’Afrique. La technique consiste à tresser les cheveux au plus près du cuir chevelu en suivant des lignes droites ou des motifs plus élaborés. Au fil des époques et des régions, la manière de tresser pouvait renseigner sur l’âge, la communauté, la situation familiale ou le statut social de la personne coiffée.

Ces coiffures ont ensuite voyagé avec les populations africaines, en particulier pendant la traite transatlantique et les différentes migrations. Aujourd’hui encore, les cornrows occupent une place importante dans les habitudes capillaires des femmes et des hommes noirs, aussi bien sur le continent que dans les diasporas.

Pour le défilé Chanel, Duffy a associé cette technique au chignon choisi pour l’ensemble du show. Les tresses étaient dessinées près du crâne avant de se rejoindre sur la nuque. Les mannequins noires concernées partageaient ainsi la même ligne capillaire que le reste du casting, avec une coiffure directement issue des pratiques africaines.

Rachel Ojuromi, de Lagos à Chanel

Pour ce défilé, Matthieu Blazy a fait appel à Rachel Ojuromi, une Nigériane de 22 ans dont le parcours avait commencé dans les rues de Lagos. Avant de défiler au Grand Palais, Rachel Ojuromi filmait ses propres versions des grands shows de mode. Avec ses amis, elle choisissait une rue pour décor, et recréait les démarches et les attitudes des mannequins en utilisant des vêtements qu’elle possédait déjà ou qu’elle trouvait autour d’elle. Elle publiait ensuite ces vidéos sur les réseaux sociaux.

En décembre 2025, Chanel présentait son défilé Métiers d’Art à New York. Rachel Ojuromi en a proposé sa propre version quelques jours plus tard à Lagos. Matthieu Blazy a découvert la vidéo sur Instagram et a commencé à suivre son travail. Leur échange s’est poursuivi et, quelques mois plus tard, la jeune femme a été appelée pour rejoindre le casting du Printemps-Été 2027.

Le 5 octobre, Rachel Ojuromi a donc échangé le bitume de Lagos contre le podium installé sous la nef du Grand Palais. Pour son premier défilé Chanel, ses cheveux étaient eux aussi coiffés en cornrows.

Les cornrows entrent chez Chanel

Le choix est intéressant dans une industrie où les cheveux afro ont longtemps été soumis aux standards capillaires occidentaux. Sur les podiums, les mannequins noires ont souvent dû composer avec des équipes peu habituées à travailler leurs textures de cheveux. Depuis plusieurs années, la situation évolue et les coiffures protectrices, les cheveux naturels, les tresses et les locks apparaissent davantage lors des Fashion Weeks.

Chez Chanel, les cornrows ont été intégrées au parti pris capillaire du défilé. Duffy les a reliées au chignon bas qui structurait les coiffures du show. Le résultat associe donc une technique africaine vieille de plusieurs siècles à l’un des codes beauté choisis pour cette collection Printemps-Été 2027.

À lire aussi : World Afro Day : Et si on arrêtait de célébrer pour commencer à revendiquer ?

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La rédaction

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