Le faso dan fani, le bogolan, le kente…L’univers du textile africain s’est longtemps résumé à ces noms. Mais le continent compte près de 3 000 groupes ethniques répartis à travers ses 54 pays, et autant de traditions textiles qui sont méconnues.
Trois ou quatre noms reviennent toujours et finissent par incarner, à eux seuls, toute la richesse textile d’un continent. Pourtant, derrière ces étoffes devenues célèbres, d’autres dorment, méconnues, parfois menacées de disparition ou portées encore par une poignée d’artisans qui perpétuent des gestes vieux de plusieurs siècles. En voici quelques-unes que la mode contemporaine gagnerait à redécouvrir.
Le Lubugo en Ouganda
Le lubugo ou olubugo est une étoffe traditionnelle fabriquée à partir de l’écorce intérieure du Mutuba (figuier) et est récoltée pendant la saison des pluies puis longuement battue à l’aide de maillets en bois pour lui donner une texture souple et une couleur ocre uniforme. Le tissu de couleur terracotta est utilisé lors des inhumations ou encore lors des cérémonies de rituels et de couronnement. Aujourd’hui, il est utilisé dans l’art contemporain et inspire les designers. Reconnu par l’UNESCO comme chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, le lubugo porte en lui le prestige de l’histoire et la beauté de l’artisanat africain.
Le Ndop au Cameroun
Le Ndop est une étoffe traditionnelle et rituelle du peuple Bamiléké au Cameroun. Très utilisé dans les sociétés secrètes et lors cérémonies rituelles. C’est un assemblage de bandes de coton cousues bord à bord, dont les motifs géométriques blancs sur fond bleu indigo racontent toute une histoire : Les losanges et carrés symbolisent la terre, la fertilité et la protection divine, les lignes brisées évoquent les chemins de la vie, ses défis et ses victoires, les spirales représentent le cycle de la vie, de la naissance à la mort, en passant par les rites de passage.
Le Kuba en République Démocratique du Congo
L’étoffe Kuba originaire de la région du Kasaï est fabriquée à partir des jeunes feuilles de palmier à raphia, qui sont séchées, émincées et battues pour obtenir des fibres souples. Les pièces les plus remarquables comportent une partie centrale entourée de broderies plus claires, surbrodées de fil de raphia coupé en touffes très courtes, une technique qui donne au tissu un toucher de velours. Il a été traditionnellement utilisé comme linceul funéraire ou pour des cérémonies importantes. Reconnu comme patrimoine culturel, il est souvent utilisé en design d’intérieur.
L’Akwete au Nigéria
Originaire du Nigeria, l’Akwete est un tissu traditionnel tissé à la main, originaire du pays Igbo, plus précisément de la ville d’Akwete dans l’État d’Abia. Créé à partir de fils de coton, de raphia et d’autres fibres, sa particularité tient au fait que sa fabrication est traditionnellement assurée exclusivement par les femmes.Tisser l’Akwete est une vocation, une culture et une identité transmises de générations en générations. Les tisserandes connaissent plus d’une centaine de motifs différents, mais seuls trois ou quatre sont généralement utilisés sur une même pièce.
Le Kanga en Afrique de l’est
Porté en Afrique de l’Est, né entre le Zanzibar et le Kenya, le Kanga, un tissu 100% coton, est composé de 3 parties, le Pindo (la bordure décorative), le Mji (le motif central et le Jina (le proverbe), une de ces particularités de ce textile. Le textile devient littéralement un message : avant de l’offrir il faut s’assurer du message qu’il transmet. Il joue un rôle important dans la culture swahilie. Il est couramment offert lors d’événements familiaux marquants (mariages, naissances, deuils).
Ce que ces étoffes ont en commun
Ces textiles africains sont chargés d’histoire, de savoir-faire. Certains designers ont commencé à faire connaître ces trésors à travers leur art. La mode n’a pas dit son dernier mot, elle continue de nous faire voyager, elle continue de nous faire découvrir et percer les mystères de notre patrimoine.
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