Chères lectrices,
Ce mois-ci, nous attaquons un mot que tout le monde brandit et que peu osent interroger : l’empowerment.
Il est partout.
Sur les estrades, dans les campagnes, en légende sous chaque photographie de femme souriante. À force d’être répété, il s’est vidé. Il bruisse comme une notification, séduisant, creux, inoffensif.
Refusons cette facilité. L’autonomisation des femmes n’est ni un accessoire ni un hashtag. C’est un impératif. Un moteur de justice, un levier d’égalité, une force qui transforme les sociétés en profondeur quand on lui en laisse le droit.
Éduquer les femmes, leur ouvrir l’emploi, les installer là où se prennent les décisions : voilà ce qui régénère une économie et redonne souffle à une communauté. Investir dans le potentiel des femmes, ce n’est pas une charité. C’est réécrire un chapitre plus juste de notre histoire commune et le réécrire ensemble.
Mais il faut nommer ce qui ronge cet élan de l’intérieur. Un phénomène si insidieux qu’aucun mot ne le désignait. Nous lui en donnons un : le downpowerment.
Sous le vernis de l’empowerment, certaines pratiques ne libèrent pas les femmes, elles les entravent. Derrière les initiatives qui célèbrent bruyamment l’autonomie féminine se cache parfois sa contrefaçon, l’empowerment washing : ces individus, ces marques, ces institutions qui exploitent notre cause pour leur image ou leur profit, sans produire le moindre changement réel.
Soyons lucides face aux faux prophètes de la sororité et aux saboteurs du succès féminin. Ceux qui, abrités derrière leurs écrans, découragent, rabaissent, freinent les femmes qui osent. Le downpowerment se sert de l’empowerment comme d’un écran de fumée pour reprendre, mot après mot, ce qu’il prétend offrir : le pouvoir, l’autorité, l’influence.
Reconnaître ce mécanisme, c’est déjà commencer à le défaire. Cela demande une vigilance qui ne se relâche jamais et un attachement sans concession aux formes authentiques et inclusives d’émancipation. Le temps est venu de dénoncer ces pratiques, celles que vous avez vécues, celles qu’ont subies vos proches, et de les arracher ensemble.
Mesdames, dans ce combat, vous n’êtes pas seules. La sororité existe. Elle vibre sous le vacarme. Elle est notre lumière et notre appui sur le chemin de la réussite. N’ayez pas peur d’écouter, d’apprendre des autres, de devenir votre propre mentor.
Faisons de l’empowerment une réalité que nul ne pourra contester et non un slogan de plus. La route est semée d’embûches. Elle est aussi pavée de solidarité.
Avec détermination,
Frédérique