Le 26 mars 2026, Genève accueillera le sommet No Water No Us, porté par Malek Semar et Sabah Kaddouri. Un rendez-vous international autour de l’eau, avec un ancrage fort sur le continent africain, où l’accès à cette ressource reste un enjeu majeur. Rencontre avec les fondateurs.
À l’origine de No Water No Us, il y a une histoire personnelle. Celle de Malek Semar, né en Kabylie, dans un village sans eau ni électricité.
« C’était une évidence, presque un appel. Je ne l’ai pas réfléchi comme un projet classique », explique-t-il. «Aujourd’hui, avec du recul, je dirais que No Water No Us, c’est la trace positive que j’aimerais laisser. » Depuis 2018, l’association s’est structurée, a multiplié les actions et fédéré autour d’elle des profils très différents (artistes, sportifs, entrepreneurs) avec une même idée : replacer l’eau au centre des priorités.
« Sans eau, aucune vie n’existe »
La mission reste volontairement simple : « Sauver l’humanité à travers l’eau », résume Malek Semar. « On peut se battre, mais l’eau nous réunira toujours. » Derrière cette phrase, une réalité bien concrète. L’association intervient aujourd’hui dans une trentaine de pays, avec une approche qui mêle des action de sensibilisation et des actions sur le terrain.
« Les mots ne suffisent pas. Mais sans prise de conscience, rien ne change. Les deux vont ensemble », précise-t-il.
« Nos actions commencent toujours par l’éducation »
Sur le terrain, No Water No Us cible en priorité les plus jeunes.
« Quand on veut aider, il faut d’abord être entendu. Et ça commence par l’éducation », explique Malek Semar.
L’association multiplie les initiatives. Parmi elles, un tour du monde à vélo réalisé par quatre ambassadeurs, pendant plus d’un an, avec des interventions dans des écoles et des installations liées à l’accès à l’eau. Autre exemple : des expéditions en montagne, notamment en Bolivie, pour sensibiliser à la fonte des glaciers tout en équipant des villages en altitude. « Ce sont des actions concrètes, mais aussi des moyens de raconter l’eau autrement », ajoute-t-il.

L’Afrique, un terrain d’action prioritaire
Si No Water No Us intervient à l’échelle internationale, le continent africain occupe une place centrale dans ses projets. « L’eau n’a pas de frontières, mais certaines régions restent plus exposées », rappelle Sabah Kaddouri.
Plusieurs actions ont déjà été menées. En République démocratique du Congo, dans un orphelinat, en lien avec Blaise Matuidi. Au Sénégal, auprès d’enfants, avec l’escrimeuse olympique Ndeye Binta Diongue. En Algérie, avec des étudiants ingénieurs, autour de projets liés à l’agriculture et à l’environnement.
« L’Afrique est au cœur de nos engagements, mais aussi de nos réflexions », précise-t-elle.
En 2025, le sommet No Water No Us s’est d’ailleurs tenu en Tunisie, avec une thématique centrée sur les enjeux liés à l’eau sur le continent.
Genève, une nouvelle étape
« On apprend en avançant. Ce sommet, c’est une première étape pour aller plus loin », explique Sabah Kaddouri.
Pendant une journée, responsables politiques, acteurs économiques, artistes et sportifs se réuniront pour échanger autour de la ville durable et des solutions concrètes liées à l’eau. Parmi les invités, Keith James, maire de West Palm Beach, ville souvent citée comme modèle.
Mais au-delà des discussions, une annonce importante est attendue. « Nous allons lancer officiellement “Children For Water”. L’objectif est d’équiper 10 000 écoles dans le monde d’ici 2030 », révèle-t-elle.
« Les médias doivent aussi s’engager »
La présence d’ELLE Afrique lors de ce sommet s’inscrit dans cette logique d’ouverture. « Les médias ont un rôle à jouer dans la prise de conscience », souligne Sabah Kaddouri. « Cette collaboration s’est faite naturellement. »
Un début, qui pourrait évoluer vers des projets communs à plus long terme.

Un message clair, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau
À l’occasion du 22 mars, Journée mondiale de l’eau, le message des fondateurs est sans détour. « Il faut arrêter de faire semblant. Chacun doit s’engager, à son niveau », insiste Malek Semar avant d’ajouter : « L’eau devrait couler propre pour tous. Tant que ce ne sera pas le cas, il restera du travail. »

Plus d’informations sur le sommet et les initiatives de No Water No Us sont à retrouver sur https://nowaternous.com, ainsi que via leurs plateformes et réseaux sociaux.
Crédit photo couverture : Sylvie Castioni