Le Prix Paritana consacre pour la dixième fois le talent artistique malgache, Miangaly Elia Andriantsoa, qui a été désignée lauréate le 25 Avril 2026, à l’Institut Français de Madagascar.
Miangaly Elia Andriantsoa, née en 2002 à Antananarivo, est une artiste plasticienne qui a fait du diorama son médium de prédilection. Avec ce prix, elle obtient d’une dotation de 3000 euros ainsi que d’une résidence de création de six mois, entre la Cité internationale des arts à Paris et la Fondation H Antananarivo (Madagascar). Elle est présente sur la scène locale et internationale depuis maintenant deux ans, parmi ses dernières expositions collectives de l’année 2026 figurent sa participation au Mauritius International Art Fair, ainsi que durant l’événement « Antson’ny Tontolo Miaina – Dendrophile » à Antananarivo.
En peu de temps, elle est devenue une artiste incontournable de l’art contemporain malgache. Une ascension rapide, à l’image de la vitalité de la vie culturelle dans la capitale de Madagascar, notamment en ce qui concerne l’art contemporain. L’artiste a d’ailleurs multiplié les ateliers proposés par les institutions culturelles de l’île, tout en se formant sur internet. Mais surtout, son art l’a amené à pousser continuellement les limites de sa créativité, à l’aide de l’expérimentation de techniques plastiques afin de réaliser ses dioramas.
Avec cette résidence de création, elle entend élargir ses horizons artistiques avec un projet autour des « Lalantsara » qu’elle veut présenter comme une salle d’attente, sous la forme d’un couloir dans lequel se succèderont de nombreuses œuvres. Une installation artistique avec laquelle elle entend expérimenter le textile mais également la vidéo.
Miangaly Elia Andriantsoav imagine un couloir semblable à une parenthèse dans l’existence, un moment qui peut représenter une réticence face aux péripéties de la vie que l’on peine parfois à explorer. Elle imagine également une métaphore autour de l’attente et des portes que l’on rencontre au fil de l’existence :
« Peut-être que derrière les portes il y a des choses qu’on est censés explorer au lieu d’attendre dans la salle d’attente. Qu’est-ce qui va se passer lorsqu’on franchit une porte au lieu de rester dans ce couloir ? »

Les dioramas ou l’art de sensibiliser avec un monde miniature
Lors de sa dernière exposition à l’île Maurice, à l’occasion du « United for Climate, » Miangaly Elia a réalisé six dioramas dans lesquels elle explore l’intersection entre la survie de l’architecture et la crise environnementale. Elle a proposé une installation débutant par l’œuvre « Mad World, » un patchwork d’habitations illustrant l’absurdité des buildings construits sans tenir compte des conséquences climatiques.
Dans une autre création intitulée « Tsena, » l’artiste a exploré une poétique de la résilience d’un peuple contraint à adapter son héritage pour l’économie de survie. Son installation se perçoit alors comme un espace narratif dans lequel la complexité de l’identité de l’art contemporain malgache se conjugue avec l’urgence face aux changements climatiques.
L’artiste a su imposer le médium insoupçonné qu’est le diorama. Un art avec lequel les maquettes deviennent des œuvres pittoresques, empreintes de charme, témoignant d’une aptitude à créer de petits objets tout en perfectionnant sa technique en tant qu’artiste plasticienne. Le diorama inspire une certaine fascination pour les petits détails reproduits avec précision, des œuvres qui ont le don d’élargir l’intérêt de chacun pour l’architecture, pour l’environnement ou encore pour des scènes de vie montées de toutes pièces.
À la fin de sa résidence de création, Miangaly Elia présentera une exposition personnelle dans laquelle elle confirmera davantage son statut d’artiste malgache prometteuse. Son projet « Lalantsara » sera l’occasion de découvrir l’artiste autrement, tout en portant un nouveau regard sur l’art contemporain malgache et sur l’architecture.
Crédit photo couverture : Portrait de Miangaly Elia Andriantsoa, 2026. Photo : Fabio Thierry Andriamiarintsoa © Fondation H
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