Ces émotions africaines que nous ressentons tous… sans toujours savoir les nommer

Du “tchrrr…” aux silences hérités : et si notre monde intérieur parlait une langue oubliée ?

“Tchrrr…”
“Hmm.”
“Aaaah…”
“Yako.”
“Pfff…”

Parfois, une émotion entière tient dans un souffle.

Un son bref. Un regard. Un silence. Une manière de répondre “ça va” alors que rien ne va vraiment.

Nous avons appris à avancer vite, à être fortes, à tenir. Mais rarement à nommer précisément ce que nous ressentons. Pourtant, mettre un mot sur une émotion change beaucoup de choses : cela aide à mieux se comprendre, à prendre du recul, et parfois à se sentir moins seule.

Et si notre monde intérieur parlait une langue que nous avions simplement oublié d’écouter ?

La vorfreude

Le bonheur avant que le bonheur arrive

Ce mot allemand décrit une émotion universelle : la joie ressentie avant un événement heureux. L’attente d’un voyage au pays. Les jours avant une rencontre. Le frisson d’un nouveau départ. Comme un rappel précieux : le bonheur existe aussi dans l’attente.

La liminalité

Quand on ne sait plus exactement qui l’on est

Après une rupture, une maladie, une maternité, une migration ou un burn out, beaucoup traversent un état étrange : on n’est plus la personne d’avant… sans être encore celle de demain. C’est ce qu’on appelle la liminalité : un entre-deux émotionnel. Une sensation particulièrement familière pour beaucoup d’Africains et de personnes de la diaspora, souvent partagés entre plusieurs cultures, plusieurs attentes et plusieurs identités.

La saudade

Le mal du pays… ou de soi-même

Les Portugais ont un mot magnifique : saudade. Une nostalgie douce et douloureuse à la fois. Le manque d’un lieu, d’une époque, d’une personne ou d’une sensation qui ne reviendra peut-être jamais. C’est écouter une chanson qui ramène instantanément à l’enfance. Ou réaliser qu’on peut aussi avoir le mal d’une ancienne version de soi-même.

L’acédie

Cette fatigue que le sommeil ne soigne pas

Ce n’est pas seulement être fatiguée. C’est une lassitude intérieure profonde. Une perte d’élan. Une sensation d’épuisement émotionnel. Beaucoup de femmes africaines vivent cette fatigue silencieuse : porter les autres, gérer, réussir, rester fortes… parfois jusqu’à l’effacement de soi.

La limérence

Quand l’amour devient obsession

Relire des messages dix fois. Attendre une réponse pendant des heures. Imaginer un futur entier avec quelqu’un que l’on connaît à peine. La limérence, c’est cette obsession romantique intense devenue presque générationnelle à l’ère des réseaux sociaux. Parfois, on tombe amoureux d’une projection plus que d’une réalité.

Et puis il y a nos émotions africaines sans dictionnaire

Certaines émotions n’ont jamais eu besoin de définitions savantes. Parce qu’elles vivent déjà dans nos corps.

Le “tchip”

Ou ce fameux “tchrrr…”

Impossible à traduire parfaitement pour certains, parfaitement maitrisé pour d’autres..
Et pourtant, tout le monde comprend.

Selon l’intonation, le tchip peut exprimer :

• l’agacement
• la fatigue
• l’incrédulité
• la déception
• le mépris parfois

C’est un souffle devenu langage émotionnel. Une manière, bien à nous, de faire parler le silence.

“Yako”

Le mot qui console sans envahir

En Côte d’Ivoire et dans plusieurs cultures ouest-africaines, “yako” est bien plus qu’une formule.

Cela veut dire :

“Je vois ta douleur.”
“Je reconnais ce que tu traverses.”
“Je suis là.”

Un mot simple mais profondément humain.

Le “hmm…”

Le “hmm” africain peut vouloir dire énormément de choses :

“Je réfléchis.”
“Je ne suis pas convaincue.”
“Continue…”
ou simplement :
“Je comprends.”

Comme si certaines émotions dépassaient parfois le langage classique.

Et si nous manquions surtout de langage intérieur ?

Le vrai problème aujourd’hui n’est peut-être pas que nous ressentons trop.

Mais que nous manquons de mots, de lenteur et d’espaces pour comprendre ce que nous vivons réellement.

Car certaines émotions sont individuelles, d’autres sont culturelles, familiales ou encore générationnelles.

La peur de décevoir.
Le besoin d’être forte.
La culpabilité de ralentir.
L’hypervigilance émotionnelle.

Mettre des mots sur ce que nous ressentons ne résout pas tout mais cela permettra déjà de se reconnecter à soi. Et parfois, cela commence simplement par un souffle.

“Tchrrr… la vie.”

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