C’est un cliché qui fera date dans l’histoire de la musique et de la mode. Pour la toute première fois de leurs carrières respectives, Lauryn Hill et Erykah Badu, figures emblématiques de la Neo-Soul et du hip-hop des années 1990 et 2000, ont été photographiées ensemble lors d’un shooting exclusif.
C’est à l’issue du festival Diaspora Calling que ce moment historique a eu lieu. Alors que l’événement célébrait la richesse et la diversité des expressions artistiques afrodescendantes, l’équipe créative et les maquilleurs ont prolongé la magie afin d’immortaliser la complicité entre ces deux icônes.
Ces portraits réunissent deux femmes qui ont chacune façonné, à leur manière, la perception mondiale de la créativité et du style. De leur musique à leurs approches singulières de la mode et de la beauté, Lauryn Hill et Erykah Badu ont passé des décennies à construire des identités artistiques et visuelles immédiatement reconnaissables.
Deux artistes qui ont imposé leurs propres règles
Pour mesurer toute la portée de cette image, il faut se rappeler ce que ces deux artistes incarnent. À la fin des années 1990, alors que l’industrie impose des règles très strictes aux artistes féminines, elles font toutes deux le choix de la liberté. En 1997, Erykah Badu déferle avec Baduizm. Coiffée de son majestueux turban, elle impose un univers unique où se croisent jazz, poésie et spiritualité, et s’affirme comme l’une des figures majeures du mouvement Neo-Soul.
Un an plus tard, Lauryn Hill frappe un grand coup avec The Miseducation of Lauryn Hill, un chef-d’œuvre écrit, composé et produit par ses soins. Entre rap et soul, l’album devient un phénomène mondial, couronné de cinq Grammy Awards. À elles deux, elles ont montré à toute une génération qu’il était possible de réussir sans jamais trahir ses racines ni renoncer à sa souveraineté artistique
Quand deux univers iconiques se rencontrent
Sur ce portrait croisé en noir et blanc, prestance et élégance se passent d’artifices. Erykah Badu apparaît fidèle à son esthétique signature, coiffée d’un gélé sculptural et volumineux, et drapée dans des silhouettes amples. À ses côtés, Lauryn Hill affiche une allure tout aussi charismatique, rehaussée par ses créoles dorées et des superpositions de bijoux traditionnels.
Pour orchestrer cette mise en beauté, la maquilleuse nigériane Ngozi Edememe, plus connue sous le nom de « Painted By Esther », a apporté sa vision et sublimé l’aura des deux artistes. Les voir ainsi réunies, partageant la même scène avant de sceller cet instant dans un même cadre, dépasse largement la simple nostalgie. Cette image est celle de deux trajectoires majeures qui se rencontrent, deux femmes dont l’influence a profondément marqué la culture populaire. Au-delà de sa force visuelle, cette rencontre symbolise ainsi l’union de deux univers qui ont contribué, chacun à leur manière, à façonner le paysage musical et esthétique mondial.
Article rédigé par Eunice Lebek
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