J’inaugure ici mon carnet d’évasion : ces adresses où le luxe se fait discret, et où l’on vient, le temps d’une nuit, se déposer. Première halte, un hôtel particulier du carré d’or parisien.
Il y a des adresses qui ne se donnent pas, elles se confient. L’Hôtel de Sers est de celles-là. Au 41 avenue Pierre 1er de Serbie, à quelques pas des Champs, dans ce carré d’or parisien où le luxe se murmure plus qu’il ne s’affiche, cet ancien hôtel particulier du XIXe siècle, jadis propriété du marquis de Sers, a gardé quelque chose d’une demeure privée. On n’y entre pas comme dans un hôtel. On y est reçue comme chez soi.
C’est précisément ce que je cherche, moi qui voyage beaucoup et qui sais désormais combien un lieu peut soit épuiser, soit régénérer. Ici, dès le seuil, le monde se met en sourdine. La rénovation confiée en 2025 à l’architecte Pascal Allaman a préservé ce dialogue juste entre l’héritage et le geste contemporain, sans jamais tomber dans la démonstration. Rien ne crie. Tout apaise.
Mon coup de cœur a un nom, ou plutôt un silence : le patio, cette cour verdoyante au cœur de l’hôtel. Une terrasse suspendue hors du bruit, hors des klaxons, hors du temps. On s’y assoit et Paris s’efface. Ce n’est pas une vue, c’est une respiration. Dans une ville qui ne s’arrête jamais, offrir un carré de ciel et de feuillage à qui a besoin de souffler, c’est cela, pour moi, le vrai luxe.

La suite prolonge cette promesse. Feutrée, enveloppante, elle tient cet équilibre rare : on s’y sent chez soi, et pourtant chouchoutée, dorlotée, veillée. Les matières sont douces, la lumière basse et chaude, le lit vous reprend comme une confidence. J’y ai dormi comme on se répare.



Le restaurant faisant relâche ce soir-là, c’est au bar que la soirée s’est écrite, et je ne le regrette pas. Je garde pour une prochaine échappée la table italienne de la cour et le spa Calma, comme on garde une promesse.

Je suis repartie au matin avec cette sensation devenue rare, celle d’avoir vraiment quitté ma vie quelques heures sans quitter Paris. L’Hôtel de Sers ne vend pas du spectacle, il offre du retrait. Et à l’heure où tout nous somme d’être visibles, partout, tout le temps, je crois que la confidentialité est le dernier vrai privilège.
Une nuit. Une parenthèse. Une adresse que je garde, et que je vous confie.
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