Les 9 et 11 juillet 2026, Cotonou a accueilli la deuxième édition des PATRONNES, un projet imaginé par la cheffe béninoise étoilée Georgiana Viou pour rendre hommage aux femmes qui font vivre les marchés béninois. Avec de la photographie, de la mode, de la gastronomie et des temps d’échange, cette nouvelle édition a rappelé leur rôle essentiel dans la vie économique, sociale et culturelle du pays.
Le coup d’envoi a été donné le 9 juillet au Sofitel Cotonou Marina avec une table ronde consacrée au thème « Femmes, créativité et empowerment ». Des artistes, des entrepreneures, des créatrices de contenu et des professionnelles engagées ont partagé leurs parcours et leurs réflexions sur la transmission, la création et les responsabilités qui accompagnent la visibilité. Cette rencontre a ouvert les échanges avant la journée organisée au marché PK3. Deux jours plus tard, le marché PK3 (anciennement Missebo) est devenu le cœur du projet. Exposition photographique, discussion, défilé et banquet populaire se sont succédé dans un même lieu, au plus près des commerçantes qui ont inspiré cette édition.
Cette deuxième édition a également réuni un collectif de personnalités venues de différents horizons : Camille Aumont Carnel, Brigitte Houssou, Karelle Vignon Vullierme et Olivier Vullierme, la photographe Maki Manoukian, Shawn N. Hounkpatin, Karl Lawson et Élise Smila. Chacun, dans son domaine, a contribué à donner corps au projet imaginé par Georgiana Viou.



Les femmes au centre de l’attention
Au marché PK3, les commerçantes n’étaient pas juste invitées, mais bien le point de départ de toute la programmation. Dès l’entrée, l’exposition YĚ ƉÍE, réalisée par la photographe Maki Manoukian, invitait les visiteurs à découvrir neuf femmes du marché sous un autre jour. Leurs portraits racontaient autant leurs visages que leurs parcours, et rappelaient surtout qu’avant d’être un lieu de commerce, un marché est d’abord le lieu où des histoires et des parcours différents se rencontrent. À l’issue de la journée, chacune des neuf commerçantes photographiées est repartie avec son portrait. Une manière de prolonger l’hommage qui leur était rendu.


Cette envie de raconter les femmes des marchés s’est retrouvée tout au long de la journée à travers les différentes activations. Lors d’une édition spéciale d’Entre & Prends, Brigitte Houssou a d’ailleurs réuni plusieurs entrepreneures pour échanger avec les commerçantes présentes. Les discussions portaient sur la gestion d’une activité, les défis du quotidien et les chemins que chacune emprunte pour faire grandir son entreprise. Un moment d’écoute et de partages sincères.

Le marché PK3 se transforme en podium
L’un des temps les plus attendus de cette édition était sans doute Missebo Couture. Les jeunes créateurs du programme Fly de Sèmè City ont présenté leurs silhouettes dans les allées du marché, au milieu des tissus, des clientes et des commerçantes. Le choix de ce décor n’avait rien d’anecdotique. PK3 est depuis longtemps une référence pour le textile et la fripe à Cotonou. Y présenter un défilé revenait à rappeler que la création puise aussi son inspiration dans ces lieux où les matières circulent, se transforment et trouvent une seconde vie.



La journée s’est conclue avec Kondokpo, le grand banquet imaginé par Georgiana Viou. Pour ce banquet, plusieurs femmes du marché ont participé à la préparation du repas aux côtés de la cheffe et de son équipe. Fidèle à l’esprit du projet, ce dernier rendez-vous faisait une nouvelle fois des commerçantes des participantes à part entière, jusque dans la préparation des plats servis aux invités.

Les commerçantes, héritières d’un savoir-faire
Ce qui fait la force des PATRONNES, ce n’est pas uniquement sa programmation, mais le regard qu’il porte sur celles qui font vivre les marchés. Là où l’on parle souvent des Nana Benz comme d’une page de l’histoire économique de l’Afrique de l’Ouest, Georgiana Viou rappelle que leur héritage perdure aujourd’hui, chaque matin, dans les allées des marchés béninois. Les femmes qui y travaillent continuent de faire tourner l’économie locale, de transmettre des savoir-faire et de faire vivre des familles. Pourtant, leurs histoires sont rarement racontées.
En choisissant de leur consacrer cette deuxième édition, Georgiana Viou leur donne un espace où leur travail, leur parcours et leur rôle dans la société deviennent enfin le sujet principal. C’est sans doute ce qui explique la singularité des PATRONNES : à travers les deux temps forts organisés les 9 et 11 juillet, la photographie, la mode, la gastronomie et les échanges étaient autant de façons de célébrer celles qui, depuis toujours, font battre le cœur des marchés béninois.
Crédit photos : Maki Manoukian