Ce mois de pause nous invite à un rendez-vous que nous remettons toujours à plus tard : celui de la tendresse envers notre propre corps.
Il est un rendez-vous que nous manquons presque toutes. Pas une réunion, pas un avion, pas une échéance. Le rendez-vous avec notre propre corps.
Nous vivons en le sommant. Sois plus mince. Sois plus ferme. Sois plus jeune. Nous le poussons, nous le corrigeons, nous le comparons, et rarement nous nous arrêtons pour lui dire l’essentiel : merci.
Car il est là, pourtant. Chaque matin. Il se lève quand nous sommes fatiguées. Il tient quand nous croyons céder. Il nous porte d’une ville à l’autre, d’une épreuve à la suivante, sans jamais réclamer sa part de gratitude. Cette machine que nous conduisons parfois à tort et à travers est aussi notre première demeure. Notre bouclier. Notre armure. La douceur qui nous enveloppe, et l’enveloppe qui nous présente au monde.
Je sais de quoi je parle. Mon corps a traversé des tempêtes que je ne raconterai pas toutes ici. Il a plié, il n’a pas rompu. Longtemps, je lui ai demandé beaucoup, et je ne l’ai pas assez remercié. J’ai appris, dans la douleur puis dans la paix, qu’aucune couronne ne tient sur une femme qui se fait la guerre. La souveraineté commence là, dans la réconciliation avec sa propre peau.
Le mois d’août nous offre cette parenthèse. Le temps ralentit, la lumière s’adoucit, les agendas se desserrent. Saisissons-la pour un geste simple et presque révolutionnaire : regarder notre corps avec empathie. Prendre soin de chaque centimètre de notre peau, non pour plaire, mais pour honorer. Poser la main là où nous ne posions que des exigences. Remercier les jambes qui nous ont menées, les bras qui ont porté, le ventre qui a parfois donné la vie, le cœur qui bat sans que nous le lui demandions.
Ce n’est pas de la complaisance. C’est de la lucidité. Une femme en paix avec son corps avance autrement. Elle décide autrement, elle crée autrement, elle dirige autrement. Le vrai leadership n’est jamais hors-sol : il est incarné. Il commence dans le respect que nous accordons à ce qui nous porte.
Alors cette année, je nous souhaite une chose. Pas un régime de plus, pas une injonction supplémentaire. Un rituel de gratitude. Quelques minutes, chaque jour de ce mois, pour dire à notre corps : je te vois, je te remercie, je prends soin de toi.
Il nous défend depuis toujours. Il est temps, à notre tour, de le défendre. En commençant par cesser de le juger.
Ce mois-ci, offrons-lui de la tendresse. Le reste suivra.
Avec amour et détermination,
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