Cheveux à l’école : le malaise africain qu’aucune pétition ne suffira à résoudre

Des générations d’élèves africains ont appris une même leçon avant toute autre : pour être bon élève, il faut d’abord se couper les cheveux pour mieux se concentrer. Une mobilisation ivoirienne relance aujourd’hui un débat continental resté longtemps sans réponse.

Des lycéennes réclament le droit de garder leurs cheveux naturels à l’école, là où le règlement intérieur impose depuis des décennies le crâne rasé ou la coupe ultra-courte. C’est le symptôme d’un rapport que le continent entretient depuis l’indépendance avec sa propre esthétique et qu’il n’a, dans ses propres institutions, jamais totalement résolu.

Une règle qui ne connaît pas de frontières

Elle est toujours présentée comme un gage de sérieux et d’égalité entre élèves et sans possibilité de la contester ouvertement. Au Burkina Faso, la question a même été récemment tranchée par voie réglementaire : un arrêté ministériel encadre désormais précisément la coiffure autorisée dans les établissements scolaires, formalisant une pratique jusque-là fixée par chaque règlement intérieur.

Le vocabulaire employé pour justifier la mesure varie peu d’un pays à l’autre : discipline, neutralité, égalité des conditions de travail entre élèves, lutte contre les coiffures fantaisistes. Une administration scolaire, plus qu’une autre, invoque volontiers l’ordre. Mais un ordre construit sur quelle référence esthétique

D’où vient vraiment cette norme

On la retrouve dans les codes militaires, où la coupe courte répond à des impératifs pratiques de terrain et c’est précisément cette filiation, souvent assumée par les responsables d’établissement eux-mêmes, qui éclaire le fond du problème. L’école africaine post-indépendance a hérité de structures disciplinaires largement calquées sur des modèles coloniaux et militaires, où l’ordre se lisait sur le corps avant de se lire dans les résultats. Le cheveu africain, dans sa texture naturelle, y a été historiquement associé au désordre, quand le crâne rasé ou la coupe uniforme incarnait la neutralité, donc le sérieux.

Le problème n’a jamais été le cheveu. Il a toujours été ce que l’on a choisi d’y lire. Ce que révèle la mobilisation actuelle, c’est que cette lecture n’a jamais été neutre. Elle a simplement été acceptée si longtemps qu’elle a fini par sembler naturelle jusqu’à ce qu’une génération connectée, familière des débats mondiaux sur le natural hair, se mette à la questionner frontalement.

À lire aussi : Et si les nouvelles icônes de beauté étaient les sportives ?

Vous pourriez être intéressé par

Recevez les dernières nouvelles

S'inscrire à la newsletter

Recevoir des notifications sur les nouveaux articles.

Newsletter Form
ELLE COLLECTIVE

Rejoindre ELLE ESSENTIEL

Accéder à la newsletter chaque semaine et restez connecté en un clic.

Abonnement à ELLE ESSENTIEL
Avec des avantages exclusives

Rejoignez ELLE COLLECTIVE

Recevez en exclusivité votre numéro !
Une communauté qui célèbre la diversité, l’excellence et l’énergie vibrante de la femme d’aujourd’hui.

DEMANDE D'ABONNEMENT ELLE PRESTIGE

Renseignez le formulaire suivant pour faire votre demande d’abonnement annuel à ELLE COLLECTIVE

Questionnnaire de candidature ELLE PRESTIGE